Suivi documentaire des interventions

Dans la lignée de la charte de Venise, adoptée en 1965, la mission de documentation est aujourd’hui un élément indissociable de toute intervention sur une œuvre des collections publiques françaises. Toute œuvre accueillie au C2RMF pour être étudiée au laboratoire ou pour être restaurée dans les ateliers fait donc l’objet d’un dossier rassemblant les documents, au fur et à mesure de leur production, qui écriront une étape de l’histoire matérielle de l’œuvre.

Avec la dématérialisation progressive des documents, ces dossiers sont également créés sous forme électronique sur la base de données EROS. Des notices sur les œuvres sont rédigées par les documentalistes qui indexent également les documents et les images de plus en plus consultables sous format numérique.

Cette documentation vivante renseignent sur l’histoire des œuvres accueillies, mais également, à plus grande échelle, sur les matériaux du patrimoine, les techniques de réalisation, l’état sanitaire des collections et l’histoire de la restauration.

1. Constitution des dossiers d’œuvres
Le dossier d’œuvre est essentiellement constitué de constats d’état, de rapport de laboratoire et de rapports d’intervention de restauration. Chaque document fait l’objet d’une notice dans la base EROS et, dans la mesure du possible, d’une version électronique au format PDF.

2. L'imagerie
Complément indispensable des comptes-rendus écrits dès les années 1930, la photographie demeure aujourd’hui un élément essentiel du suivi documentaire des interventions.

Un dossier d’imagerie scientifique comprenant des vues sous infrarouges, sous fluorescence d'ultra-violets, sous lumière rasante ainsi que des radiographies est réalisé par les photographes spécialisés du C2RMF, au sein du pôle imagerie.

Le suivi photographique des interventions de restauration, est réalisé dans les ateliers, sous la conduite des documentalistes, par des photographes indépendants. Ces prises de vues, réalisées aux différents stades des interventions, sont particulièrement importantes dans le cas d’interventions par nature irréversibles comme les dégagements de polychromie ou l’enlèvement de repeints modernes. Elles documentent alors des états historiques de l’œuvre photographiée.

Depuis 2006, cette imagerie est complètement dématérialisée. Une fois l'image indexée et versée dans la base documentaire, sa très haute définition permettra une visualisation optimale à l'écran supportant d'importants agrandissements.