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La Sainte Anne, une restauration majeure

La Sainte Anne, une restauration majeure

La Sainte Anne, une restauration majeure

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UNE RESTAURATION SENSIBLE, ACCOMPAGNÉE DE DÉCOUVERTES

 

Une restauration fondamentale de la Sainte Anne de Léonard de Vinci a été envisagée dès les années 1990, époque à laquelle furent effectués quelques tests de nettoyage assez concluants. L'aspect terne du tableau, ses teintes décolorées et faussées sous d'épais vernis jaunes, ses contrastes abolis, et surtout la multitude de repeints virés qui maculaient le ciel et le manteau bleu de la Vierge exigeaient une intervention qui, finalement, n'a pu être effectivement menée qu'à partir de 2009. À ce moment-là, de menus soulèvements, sans doute dus au racornissement des vieux vernis de restauration tirant sur la couche picturale, rendaient l'opération désormais inévitable.

Analyses et examens

Des examens préliminaires et une importante campagne d'imagerie scientifique ont été réalisés dans les laboratoires du C2RMF (financée par le généreux mécénat de M. Barry Lam).
Ces analyses ont révélé que :
- les vernis de restaurations antérieures s'oxydaient ;
- des retouches de peintures avaient été faites lors de restaurations antérieures à divers endroits sur la toile, appliquées directement sur le vernis.

Analyses et examens
Des dessins redécouverts

Durant la restauration de l’œuvre, trois dessins ont été retrouvés au dos de la toile.
Auparavant, une couche de résidu recouvrait le verso. Ce n'est qu'après un profond nettoyage qu'une tête de cheval, le détail d'un crâne et un croquis d'un enfant furent découverts.

Des dessins redécouverts
Deux problèmatiques lors de la restauration

Cette restauration combinait deux problématiques principales : l'enlèvement des repeints désaccordés, dont certains résultaient de très anciennes et épaisses superpositions de retouches, et l'amincissement des vernis de restauration oxydés et chancis par trop de nettoyages partiels, de véhiculages, de retouches et de refixages au cours des siècles.

Deux problèmatiques lors de la restauration
Deux particularités techniques découvertes

Deux particularités techniques originales de Léonard sont également clairement apparues au cours de la restauration. D'une part l'artiste n'a pas terminé son tableau, notamment dans toute la zone médiane de la composition, entre les premiers plans minutieux du ruisseau caillouteux et les lointains bleutés des montagnes. D'autre part, l'utilisation d'une laque rouge qui a mal séché a crée très tôt des déplacages de la couche de lapis lazuli du manteau de la Vierge.

Deux particularités techniques découvertes
Une réintégration picturale

La réintégration picturale s'est voulue très légère, réalisée avec des matériaux réversibles posés sur une couche de vernis d'interposition à la dammar lui-même très mince et, par sa mise en œuvre, d'une nature différente de celle des vernis anciens préservés : de cette manière, son retrait ne devrait poser aucune difficulté technique aux restaurateurs du futur. Plusieurs repeints importants ont été volontairement laissés dans le paysage, à droite dans la zone des arbres et à gauche, au niveau du nœud de la robe de la Vierge.

 

 

 

 

 

L'opération de 2011 a bénéficié des conseils d'un comité scientifique international constitué de seize spécialistes de l'artiste ou de la restauration des peintures. Comme le confirment la métamorphose tout en harmonie de la Sainte Anne, son coloris retrouvé, ses contrastes et ses volumes de nouveau perceptibles dans la lumière froide d'une perspective athmosphérique virtuose, ses lointains poudroyants et jusqu'à l'exquis modelé des figures, tout contribue à réintégrer pleinement la Sainte Anne à sa place dans l'histoire de l'art comme l'une des peintures florentines les plus influentes de son temps, un jalon incontournable et sophistiqué vers la haute Renaissance qu'incarneront Raphaël et Michel-Ange.

 

Une réintégration picturale